Rappelons-nous le dernier article de 3 min (lien vers l’article). Il traitait de l’augmentation des primes d’assurance maladie de 6,6% en moyenne pour l’année 2023. Nous y lisions également comment Madame Nold s’exprimait au sujet de l’influence des salaires de ses patrons de caisses maladie sur les primes. Selon la directrice de santésuisse, les économies réalisées sur les salaires des managers des assureurs-maladie n’apportent pas grand-chose.
Et cette parole doit être considérée. C’est ce que montre également la statistique actuelle des salaires des patrons des grandes caisses.
Chez Sanitas, par exemple, le CEO a vu son salaire bondir de près de 500’000 francs au cours des cinq dernières années. Soit 104% d’augmentation de salaire! Monsieur Schönenberger gagne ainsi 950 000 francs par an. Mais les chefs des autres grandes caisses ont également des salaires respectables, pratiquement tous dépassent la barre des 500’000 francs de salaire annuel.
Alors que les caisses sont malheureusement loin d’être aussi généreuses avec les fournisseurs de prestations qu’avec elles-mêmes. Ainsi, les salaires des pharmaciens, accordés sous forme de points tarifaires, n’ont jamais été adaptés au cours des 21 dernières années (!). Depuis l’introduction de la RBP en 2001, les valeurs du point tarifaire de la rémunération basée sur les prestations (RBP) sont restées identiques pour les pharmacies. D’après ce que nous savons, il devrait en être de même pour les médecins. Et actuellement, il ne semble pas non plus que les caisses soient prêtes à accepter des adaptations des valeurs du point. Comme c’est souvent le cas, nous ne sommes pas tous logés à la même enseigne. Au contraire, les caisses veulent même réduire la marge de distribution.
En septembre, le Conseil national a décidé que les managers des caisses maladie ne pourraient pas gagner plus de 250’000 francs par an. La balle est maintenant dans le camp du Conseil des Etats. Si ce dernier donne également son accord, le Conseil fédéral devra élaborer un projet de loi à ce sujet. Mais le Conseil fédéral ne souhaite cependant pas en arriver là. Il s’y oppose en effet et considère le plafonnement comme une atteinte à la liberté d’entreprise. De plus, seule la part correspondant à l’assurance de base peut être limitée, et non celle de l’assurance complémentaire, argumente le Conseil fédéral. C’est vrai, mais de petits pas sont déjà des pas dans la bonne direction. Et puis, il reste à savoir comment le Conseil fédéral entend argumenter sur les valeurs du point tarifaire des fournisseurs de prestations, «gelées» depuis des années. En effet, il ne s’agit alors pas de liberté d’entreprise, mais bien plus de lutte pour la survie économique.
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