CORONAVIRUS – Tests rapides en pharmacie – oui ou non ?

Lors de sa conférence de presse de la semaine dernière, le Conseil fédéral a annoncé que les tests antigéniques rapides COVID-19 seraient autorisés dès le 2 novembre dans tous les cabinets médicaux, pharmacies, hôpitaux et centres de test cantonaux.

Avec le coronavirus, le travail en officine est un défi quotidien même sans les tests rapides. Et maintenant, les pharmacies doivent décider si elles veulent proposer en plus cette prestation. De notre point de vue, il n’y a pas de choix juste ou faux. Les conditions de base sont différentes dans chaque pharmacie, et chacun doit prendre sa décision sur la base de sa propre situation

Les considérations relatives à la prise de décision doivent intervenir à différents niveaux. Il est certain que chaque pharmacie devrait d’abord se poser les questions suivantes:

  • Est-ce que je dispose de locaux hors de la pharmacie (accès séparé) que je peux équiper pour réaliser les tests?
  • Est-ce que je dispose d’un concept de protection, d’un support informatique, d’un système de réservation et de matériel de protection?
  • Ai-je la possibilité de former une équipe distincte, qui n’a aucun contact avec l’autre équipe de la pharmacie, et de lui faire effectuer les tests?
  • Que dois-je faire si l’un (ou plusieurs) membres de l’équipe se trouve en quarantaine? Le travail peut-il se poursuivre?
  • Les autres services, que j’offre déjà, souffriraient-ils de la réalisation supplémentaire de tests rapides du coronavirus?
  • Est-il possible pour moi de proposer les tests rapides du coronavirus en dehors des heures d’ouverture de la pharmacie?
  • Puis-je proposer une alternative?

Une question importante est également de savoir si tout cela est rentable.

D’un point de vue purement mathématique, une moyenne de 50 tests par jour sera disponible pour une pharmacie « normale » mais en réaliser autant s’avère être un vrai défi. Notre calcul de rendement montre que les coûts générés sont couverts à partir d’environ 20 tests quotidiens, à condition de maintenir ce nombre de tests durant environ 40 jours ouvrables.

D’un point de vue politique, la réalisation de tests rapides du coronavirus en pharmacie doit être prise comme une opportunité. Pour la première fois, les pharmacies peuvent facturer leurs services aux assurances maladie en bénéficiant du même tarif que les médecins et les hôpitaux. Ce qui leur permet de se profiler désormais comme des prestataires de services compétents, à bas seuil, et ainsi de poser un jalon pour à l’avenir pouvoir continuer à facturer directement des prestations aux caisses d’assurance maladie.

Et qu’en est-il d’un point de vue social? Dans le cadre d’une gestion communautaire de la crise, la solidarité est actuellement très appréciée. Les attentes à cet égard d’une grande partie de la population concernent également les pharmacies. La solidarité se base essentiellement sur la confiance, et la confiance sur la réciprocité.

Il est compréhensible que les pharmaciens se demandent si leur solidarité dans l’offre de tests rapides, même si elle est très coûteuse et pas du tout rentable, sera finalement remboursée par la réciprocité accordée.

Mais malheureusement, les pharmacies n’ont pas encore ressenti cette réciprocité, par exemple,

  • alors que durant la première vague, ils ont produit envers et contre tout du désinfectant, ils sont maintenant «généreusement » autorisés à an poursuivre la vente jusqu’en février 2021.
  • alors qu’ils ont été contraints d’acheter des masques à l’étranger à des prix totalement excessifs (ce que beaucoup ont alors fait, par solidarité!), ils sont maintenant assis sur leurs stocks, car la Confédération a ensuite mis des masques sur le marché à CHF 1.—, à condition qu’ils soient revendus au même prix.
  • alors qu’ils n’étaient pas autorisés à proposer les tests de dépistage du Sida, ils ont soudain appris par la presse que ceux-ci allaient être mis en vente, même par la grande distribution.

Qu’est ce qui dit alors aux pharmacies que les tests rapides du coronavirus ne seront pas disponibles demain pour CHF 10.—sur Internet ou à la Migros? Nous ne le savons pas, mais nous pouvons demander au Conseil fédéral et à l’OFSP de collaborer de bout en bout avec les pharmacies et de veiller à ce que les conditions-cadres soient correctes. Le fait que nous soyons maintenant indemnisés pour la réalisation des tests sur la même base que les médecins et les hôpitaux nous donne confiance et peut-être qu’alors, en prenant en compte l’aspect solidarité, nous laisserons tout ressentiment de côté.

 

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